Le forfait est un forfait pour les prestations informatiques

Forfait :

  • contrat dans lequel un prix global est fixé à l’avance,
  • crime atroce.

Ceux qui ont eu une enfance malheureuse (condamnés à aller au ski tous les ans) ont sans doute découvert la notion de “forfait” comme une libération : le passage immédiat et illimité au remonte-pente comme alternative aux multiples tickets à prélever laborieusement dans le stock fastidieux d’un ruban de papier perforé plié en accordéon. Avec les moufles, c’était encore pire et sans c’était glacial. En plus dans ce contexte, le prix des tickets était tellement onéreux que le calcul était vite fait : quelques tours de pistes avaient vite fait de “rentabiliser” le forfait.

A l’opposé, l’avènement du téléphone portable a donné un nouveau sens au “forfait” : on paye un prix fixe obligatoire pour une durée de communications limitée. Si on consomme moins  : tant pis, c’est perdu, si on consomme plus : tant pis, on paye un prix encore plus exorbitant pour chaque minute supplémentaire dès la première seconde…

En réalité dans les deux cas, l’usage est borné : le forfait de ski ayant une validité limitée qui implique un nombre nécessairement limité d’utilisation des remonte-pentes. De plus le très grand nombre de skieurs et leurs niveaux très différents entraîne une compensation des usages intensifs (et peu rentables pour la société des remonte-pentes) par les usages faibles (et très rentables) des skieurs débutants. Sur un gros volume, on s’y retrouve forcément.

Dans un tout autre contexte, poser du carrelage par exemple,  le coté répétitif et prévisible du travail à accomplir permet de vendre avec une bonne marge de bénéfice la prestation au forfait d’après des mesures simples à faire : la surface à couvrir en l’occurrence. Certes, les bords d’une pièce ne sont pas toujours d’équerre et la surface à couvrir n’est jamais un multiple précis de celle de chaque carreau, sans compter les inévitables petits imprévus tels que les quelques carreaux qui cassent lorsqu’on les coupe. Mais globalement, le carreleur s’y retrouve avec un prix de revient maîtrisé.

Et le client est content car il sait sur quel montant il s’engage et il peut comparer les devis des prestataires plus facilement.

Le contexte des prestations informatiques est bien moins favorable, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’obtenir un résultat original et dans un contexte novateur, sans parler des objectifs  flous ou revus au fur et à mesure de l’avancement du projet.

En informatique, la seule façon fiable de savoir combien de temps il faudra pour atteindre un objectif est de le réaliser. C’est aussi souvent la seule façon de définir précisément l’objectif…

Pourtant, aucun client ne veux s’engager sur un chèque en blanc. On les comprend. D’où l’inévitable conjecture du devis où l’on essaye désespérément d’imaginer la charge précise pour un résultat vaguement défini.

La marge de manœuvre est faible : trop cher et le client préfère la concurrence, trop optimiste et le prestataire travaille à perte. C’est le plus souvent la deuxième solution qui prévaut. Ce qui entraîne se nombreux dépôts de bilans et autant de clients abandonnés par leur prestataire et contraints d’en trouver un autre, avec des frais supplémentaires et un effet amplificateur : un travail fait à la hâte est souvent plus simple à refaire totalement qu’à reprendre.

Pour l’EURL Barme cette problématique est résolue selon deux approches.

Pour les projets modestes, le travail est fait d’emblée et un devis a posteriori est proposé au client. S’il le refuse, la perte est limitée et ne compromet donc pas l’avenir de la société. Si le client accepte le devis a posteriori, il fait une bonne affaire puisqu’il ne finance aucune marge de sécurité et paye le juste prix.

Pour les projets plus importants, les aléas du devis se compensent : les parties sous-estimées sont financées par celles qui sont surestimées. On retrouve en fait le principe du gros volume évoqué plus haut.

Et les meilleurs clients, les plus fidèles, ceux qui savent que la satisfaction des clients est prioritaire par rapport à la rentabilité à court terme, acceptent les prestations facturées au temps passé, celles qui permettent à la fois de gagner beaucoup de temps et d’atteindre le meilleur rapport qualité / prix.